Notre histoire

Comment un week-end pluvieux à Madrid a fait naître notre premier jeu.

Il faut parfois très peu de choses pour qu'une idée prenne racine. Un ciel bas, une terrasse abritée, nous deux, un jeu de cartes usé par le temps. Notre première application n'est pas née devant un tableau blanc, ni dans une réunion, ni au milieu d'un plan à trois ans. Elle est née un vendredi soir, sur une terrasse à Madrid, alors que nous rêvions surtout de tapas et de soleil.

Chapitre 01

Un week-end entre amis, direction Madrid

Nous étions deux. Rien d'organisé au millimètre : un billet d'avion, un logement au cœur de la ville, une envie commune de couper avec la routine et de rire un peu plus fort que d'habitude. Madrid nous attendait avec ses ruelles, ses places, ses terrasses en plein soleil et ses nuits interminables. En tout cas, c'était le programme.

Nous avions coché les incontournables : marcher dans le Retiro, remonter la Gran Vía, se perdre à La Latina, goûter aux tapas jusqu'à ne plus pouvoir compter les assiettes. Nous imaginions déjà des photos au soleil, des verres partagés en fin d'après-midi et cette légère fatigue heureuse que laissent les vraies pauses.

Ce que nous n'avions pas coché, c'était la météo. Aucun de nous deux n'avait vraiment regardé les prévisions. Nous sommes arrivés le sourire aux lèvres, le sac léger, persuadés que Madrid s'occuperait du reste. Elle s'en est occupée — mais autrement.

Chapitre 02

Le ciel s'en mêle

Dès le premier matin, le ciel s'est fait lourd. Puis la pluie est tombée. Pas la petite bruine que l'on ignore, non : une pluie insistante, régulière, qui transforme les pavés en miroir et vide les avenues en quelques minutes. Nous nous sommes regardés, un peu incrédules, à l'abri d'un porche, en attendant que ça passe. Ça n'est pas passé.

Le lendemain, rebelote. Notre week-end ensoleillé s'est transformé en marathon d'esquives : sprints entre deux averses, capuches trempées, chaussures qui grincent. Nous rigolions, un peu jaunes, en essayant de sauver le programme.

Très vite, nous avons compris qu'il fallait changer de stratégie. Le tourisme classique, tel que nous l'avions imaginé, n'était plus jouable. Il fallait trouver autre chose. Quelque chose qui ne dépende pas du soleil, qui tienne dans un sac, et qui puisse durer des heures sans nous lasser.

Chapitre 03

Des terrasses abritées et des heures qui ne comptent plus

Nous nous sommes rabattus sur ce que Madrid fait de mieux quand elle boude : ses terrasses couvertes. Des toits en tôle, des bâches tendues, des chauffages ronronnants, des serveurs qui n'ont pas l'air surpris de nous voir arriver trempés. Nous nous sommes installés, commandé un café — puis un autre, puis quelque chose de plus fort — et nous avons sorti un jeu de cartes.

Ce qui devait être une manche pour patienter en est devenu deux, puis dix. Nous avons joué des heures entières, à l'abri, pendant que la pluie tapait sur la tôle au-dessus de nos têtes. Le temps s'est étiré. Les rires ont pris toute la place. À nous deux, quelque chose se passait : nous n'étions plus en train d'attendre que le week-end reprenne son cours prévu — nous étions dans le week-end, pleinement.

C'est là, entre deux mains distribuées, que la remarque est tombée. « On devrait en faire une app. Pour y jouer partout, sans avoir besoin d'un vrai paquet. » Nous avons ri, comme on rit d'une bonne idée qu'on ne prend pas encore tout à fait au sérieux. Mais l'idée, elle, ne nous a plus quittés.

Chapitre 04

Rentrer, et ne plus lâcher l'idée

Nous sommes rentrés en Suisse un peu déçus par le soleil, mais avec des idées, plein la tête, de variantes testées à la terrasse, de noms provisoires et de règles maison qui avaient fini par tenir. Ce qui n'était qu'une blague de terrasse est devenu, presque sans que nous nous en rendions compte, un vrai projet.

Nous nous sommes mis à en parler autour de nous. À prototyper. À redessiner. À couper les règles inutiles, à garder celles qui déclenchaient toujours un sourire. À imaginer une identité, un ton, un rythme. Petit à petit, un jeu s'est dessiné, et ce jeu avait besoin d'un cadre pour vivre : c'est ainsi qu'est né The Dump, avec une conviction : des cartes entre amis, des souvenirs qui restent.

Le nom du jeu, lui, est venu comme une évidence : The Dump. Un clin d'œil à ces piles de cartes que l'on empile sans réfléchir, à ces parties où l'on se débarrasse pour mieux rebondir, à cette énergie un peu bordélique des soirées de vacances. Aujourd'hui, il est disponible sur l'App Store et le Play Store — et il vient, littéralement, d'un week-end où il pleuvait trop pour faire autre chose.

Nous racontons cette histoire parce qu'elle nous ressemble. Nous ne sommes pas partis d'un business plan. Nous sommes partis d'un moment. D'un rire, d'une pluie qui n'en finissait pas, et d'un jeu de cartes qui a duré trop longtemps pour que nous ayons envie de le laisser derrière nous. Et surtout d'un moment de plaisir à partager avec ses amis 😃.

— Les deux associés, Swiss Seed Invest Sàrl